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NETANYAHOU homme providentiel pour Israël ?

Mis en ligne par le 23 août, 2009 dans la rubrique Actualités, Israël. Vous pouvez suivre les reponses par RSS 2.0. Vous pouvez laisser une reponse.

arton118En ce début d’année, l’État hébreu entre en campagne électorale dans un contexte de crise économique mondiale et d’incertitude politique : un nouveau Président américain, des élections palestiniennes et… un nouveau ministre israélien. Qui ? Benyamin Netanyahou, ancien Premier ministre (1996-1999), est, de loin, le favori des sondages

Début février, ont lieu les élections législatives en Israël. Les sondages favorables à l’ancien Premier ministre pourraient marquer la fin de sa traversée du désert.


Ce jeudi 20 novembre, Benyamin Netanyahou Bibi est un homme heureux. D’ordinaire grave, son visage s’illumine. Il y a de quoi ! Dans le quotidien israélien Yedioth Aharonoth, il vient de lire les résultats d’un sondage qui le porte aux nues. Son parti, le Likoud, est crédité de 34 sièges aux élections législatives anticipées du 10 février, contre 19 actuellement. Presque le double ! Sa joie est d’autant plus grande qu’il apprend aussi que le Parti travailliste, sa bête noire, n’est crédité que de 8 députés, contre 19 aujourd’hui. Quelle dégringolade !

De deuxième parti après Kadima (29 députés), le parti d’Ehoud Barak est relégué à la sixième place. La liste Arabe unie, le parti ultrareligieux Shass et le parti russophone Israël Beitenou (Israël notre maison), crédités chacun de 10 élus, se partageraient la troisième place. Du jamais vu ! Pour Netanyahou, ces résultats s’il se confirment marqueront la fin de sa traversée du désert. Sa revanche, en quelque sorte. Certes, ce n’est qu’une simple photographie du moment, mais c’est déjà une perspective qui effacerait la défaite cuisante du Likoud aux dernières élections législatives du 28 mars 2006. Ah ! Ce 28 mars !

Un jour à marquer d’une pierre noire. Le pire résultat de l’histoire du Likoud avec seulement… 11 députés ! Un affront que Benyamin Netanyahou n’a jamais accepté. Ni oublié. Une déroute terrible, dont il se souvient encore comme si c’était hier. Il se revoit en train de s’opposer à Ariel Sharon, quelques mois avant les élections. Il voulait lui ravir la direction du Likoud. Violemment opposé au retrait israélien de la bande de Gaza, ordonné par Sha¬ron, il fomente un putsch qui finit par avorter. Son opposition est telle qu’il jette son portefeuille de ministre des Finances à la figure de Sharon, juste deux jours avant la mise en œuvre du projet. Furieux, Ariel Sharon claque la porte du Likoud pour fonder le parti centriste, Kadima. Tant mieux. Netanyahou obtient ainsi ce qu’il convoite depuis toujours : la direction du Likoud.

Mais Sharon « le bulldozer », le malin, lui a réservé une belle surprise. En quittant le parti qu’il a fondé en 1970, il provoque une hémorragie : élus, militants, électeurs, tous les « modérés » délaissent le Likoud pour Kadima. Seuls les « faucons » restent avec Bibi. Vidé de ses élites, le Likoud perd pied, entraînant dans sa chute Benyamin Netanyahou. Le verdict, trop sévère pour lui, tombe aux législatives de ce fameux 28 mars : 28 sièges pour Kadima, seulement 11 pour le Likoud ! Les électeurs ont sanctionné sa politique ultralibérale, inspirée du modèle thatchérien, creusant les inégalités.

Par défi, Netanyahou s’engage à rester à la tête du Likoud pour le rénover. Réélu président le 15 août 2007, il a tenu parole. Ses efforts commencent à payer. « Enfin, bientôt le bout du tunnel » pense-t-il. Il exulte. Machinalement, ce 20 novembre, il ouvre l’autre quotidien du matin, Haaretz. Et là, en gros titre, une interview de l’écrivain Amos Oz dénonçant violemment les « faillites d’un Parti travailliste qui, à force de servir depuis 2003 d’appoint pour des gouvernements dirigés par le Likoud (Ariel Sharon) ou le centre droit (Ehoud Olmert), a perdu ses valeurs et sa dignité ». Pour Amos Oz, le rôle historique du Parti travailliste est terminé. Avec une trentaine d’intellectuels de gauche, il lance un appel pour la création d’une formation. Le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Une situation qui ne peut que conforter Netanyahou dans son rêve de redevenir Premier ministre.

De gauche à droite : Benyamin Netanyahu, à Los Angeles en 2006, lors de l’assemblée générale des Communautés juives unies. À la Knesset, en 2005, à côté d’Ariel Sharon, alors Premier Ministre d’Israël. Benyamin Netanyahou à l’enterrement de victimes du terrorisme.

« Rendre la politique à l’homme de la rue. » Avec ce slogan, le Likoud a le vent en poupe et ne compte plus les nouvelles adhésions. Une campagne différente

Mais Bibi est un homme politique avisé et expérimenté. Cet ex-surdoué des médias n’ignore pas qu’il a commis jadis beaucoup d’erreurs. Il n’est donc pas près de recommencer à s’exprimer de façon intempestive. D’où deux résolutions. La première : s’exprimer moins en public. Car cet homme politique a une peur maladive des journalistes israéliens. Il connaît leur pouvoir et surtout leur haine viscérale de la droite. Alors, il préfère limiter ses interventions. Et parler le plus souvent d’économie. Un sujet qui ne fâche pas. Une entorse à cette résolution, le 19 novembre, lors d’une intervention publique à Jérusalem, où il a dévoilé à peine son programme. Pour lui, « le renforcement de l’économie en Cisjordanie constitue un préalable incontournable à un futur État palestinien ». L’Autorité palestinienne ? Oui, il poursuivra « les efforts de paix avec elle afin de conclure un accord sur tous les litiges qui peuvent être réglés ». Des retraits territoriaux de Cisjordanie ? Pas question avant « d’y avoir renforcé l’économie, de peur que les islamistes radicaux du Hamas y prennent le pouvoir avec l’aide de l’Iran ». Et d’expliquer que « l’Iran s’installerait fatalement dans les territoires que nous quitterions, car ces derniers constitueraient ipso facto de nouvelles bases pour les extrémistes islamistes ».

Un Iran qu’il n’hésite pas à comparer à l’Allemagne nazie : « Alors que le régime nazi s’est engagé dans un conflit planétaire avant de développer des armes atomiques, l’Iran développe des armes nucléaires avant de s’engager dans un conflit planétaire. » Bref, Benyamin Netanyahou se limite à des sujets sécuritaires consensuels le Hezbollah, l’Iran, le Hamas qui ne provoquent aucune controverse en Israël. Bien vu. Cette attitude lui permet de caracoler en tête des sondages. Deuxième résolution : ne pas répondre aux attaques dont il fait l’objet. Quand Ehoud Olmert affirme, le 15 septembre, que « l’idée du Grand Israël était une idée morte et sans avenir » ou qu’il émet le « voeu qu’Israël doit continuer les difficiles pourparlers avec l’Autorité palestinienne et les négociations indirectes avec la Syrie » des propos qui ont provoqué une tempête au Likoud –, Netanyahou ne dit rien. Mais ce sont deux « jeunes loups » députés du Likoud, Guidéon Saar et Youval Steinitz, qui vont répondre pour lui. Car Bibi sait, qu’une fois Premier ministre, il ne pourra pas faire ce qu’il veut et devra tenir compte des exigences américaines. Washington veut un État palestinien et l’idée d’un État binational un État d’Israël admettant deux nationalités, israélienne et palestinienne émise récemment, avec son accord, par son fidèle Youval Steinitz, risque de fâcher les Américains. Alors, il temporise.

Il louvoie. Il laisse ses deux « avant-centre », Gideon Saar et Youval Steinitz, se « griller » politiquement sans se mettre lui-même en danger. Il les utilise aussi pour conquérir l’opinion israélienne, et comme l’écrit sur son blog, de Jérusalem, Isabelle-Yael Rose, Benyamin Netanyahou « pourra ainsi se présenter sur la scène internationale comme seul interlocuteur modéré et crédible »… Pour remporter ce scrutin, celui qui fut à 47 ans, en 1996, le plus jeune Premier ministre d’Israël, ne veut rien négliger. Mais surtout inno¬ver. S’inspirant de la stratégie de communication de Barack Obama, Benyamin Netanyahou tient un blog permanent pour communi¬quer directement avec ses électeurs. « Rendre la poli¬tique à l’homme de la rue » est son slogan. Comme la démocratie participative de Ségolène Royal.

Recouvrer la confiance des Israéliens et surtout une nouvelle légitimité : tel sera l’objectif numéro un du prochain Premier ministre

Des ralliements importants

Du coup, le Likoud a le vent en poupe, et on ne compte plus les nouvelles adhésions. Comme celles de Benny Begin, fils de l’ancien Pre¬mier ministre Menahem Begin ; Dan Méridor, ancien ministre ; Assaf Hefetz, ancien commandant en chef de la police ; Moshé Yaalon, ancien chef d’état-major ; et le général Ouzi Dayna. Et pour rajeunir cette liste : Tal Brodie, ancien capitaine du Maccabi Tel-Aviv ou le comédien Seffi Rivlin. Benyamin Netanyahou a-t-il déjà gagné ? Rien n’est plus versatile que les intentions de vote d’un sondage. Elles varient, évoluent, se confirment ou se modifient au gré des humeurs. Des surprises peuvent surgir. D’autant que la politique israélienne excelle dans les retournements de situation. Certes, Netanyahou est aujourd’hui le seul à séduire et à rassurer les électeurs quelque peu perdus face à une ligne politique floue du parti Kadima et un Parti travailliste rongé par la division. Une question s’impose : comment s’explique l’irruption soudaine dans les sondages de ce petit-fils de rabbin émigré de Lituanie en Palestine en 1920 ? Avant tout, par la gestion désastreuse de la politique menée par Ehoud Olmert.

Citons en vrac : son fiasco militaire du conflit israélo-libanais en 2006, confirmé par la commission Vinograd qui n’a pas manqué de fustiger les « errements tactiques et stratégiques de l’armée israélienne lors des combats », son incapacité à mettre fin aux tirs de roquettes du Hezbollah, et, enfin, ses démêlés avec la justice, notamment après les révélations de l’homme d’affaires américain Morris Talansky, en mai 2008. Ce dernier avouera devant la Cour lui avoir remis plus de 150 000 dollars ces quinze dernières années. Netanyahou a aussi profité de la déliquescence de Kadima, miné par les rivalités intestines entre Ehoud Olmert et Tzipi Livni qui échouera dans la constitution d’un gouvernement de coalition1. « Cet échec est la vraie raison du décollage de Netanyahou dans les sondages », analyse André Mamou, fin connaisseur de la vie politique israélienne, qui explique que « la perte de confiance des électeurs les oriente vers celui qui est capa¬ble d’organiser la coalition de demain ». Cerné par les affaires de corruption, étrillé par la presse, lâché par son parti, Ehoud Olmert jette l’éponge le 30 juillet 2008. Deux mois plus tard, alors qu’il est à la tête d’un gou¬vernement de transition, le successeur d’Ariel Sharon se mue en « colombe » et fait cette incroyable autocri¬tique dans une interview au quotidien Yediot Aharonot, à l’occasion de la célébration du Nouvel An juif. Sur Jérusalem : « Je me suis trompé. Nous devons céder une partie de Jérusalem. Conserver toute la ville impliquerait de placer les 270 000 Palestiniens qui y habitent derrière une clôture. Cela ne marchera pas. » Ajoutant : « Il ne peut y avoir d’ac¬cord avec les Palestiniens sans qu’Israël se retire de presque tous les territoires, si ce n’est pas de tous les territoires. »

Comment l’Israélien de la rue peut-il se reconnaître dans de telles déclarations contradictoires ? Et dans des leaders qu’il estime plus occupés par des guerres de clochers qu’à résoudre ses préoccupations quotidiennes ou assurer sa sécurité ? Un récent sondage publié par Haaretz l’atteste : 69 % des jeunes Israéliens pensent que les hommes politiques sont corrompus et 65 % estiment qu’ils ne s’occupent pas de leurs problèmes. Recouvrer la confiance des Israéliens, et surtout une nouvelle légitimité : tel sera l’objectif numéro 1 du prochain Premier ministre. Qui ? Le contexte sécuritaire tendu, à la fois en Israël (tirs de roquettes, détention de Guilad Shalit, conflit entre le Hamas et le Fatah) et dans le monde (bombe atomique iranienne, terrorisme en Inde…) semble aussi jouer en faveur d’un Benyamin Netanyahou, dont on répète, depuis quelque temps, que le contact est « bien passé » entre lui et Barack Obama. Et les autres ? Tzipi Livni ? Elle est, dit-on, la préférée des Israéliens. Transfuge du Likoud, elle ne manque pas d’intelligence et sait se servir des autres. Son parti Kadima, composé de classes moyennes et aisées, rassemble d’anciens travaillistes et membres du Likoud et se dispute les voix de ce dernier. Sans oublier le Méretz (gauche laïque et sioniste) repris en main par une nouvelle direction qui a réussi à attirer à elle d’anciens cadres travaillistes comme Avraham Burg, ex-président de la Knesset, et Ouzi Baram. Et le Parti travailliste de Barack ? À lui seul, c’est une accumulation d’échecs politiques : les négociations de Camp David II, la fuite du Liban et surtout son incompétence à gérer la deuxième Intifada. Des pressions sont exercées sur lui pour une fusion tra¬vailliste-Kadima. Amorcée, la démarche a été brisée par la démission du Premier ministre Ehoud Olmert qui occupe le poste par intérim. Verdict le 10 février

En campagne dans le désert du Neguev, Netanyahu en discussion avec un Cheikh bédouin. Avec Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, en octobre dernier. En 2007, avec Tony Blair, l’ex-Premier ministre britannique.

Interview exclusive de Benyamin Netanyahou, No 1 du Likoud « Il faut initier une “paix économique” avec les Palestiniens modérés ! » Adoptant une tout autre posture médiatique que dans les années 1990 en se faisant, à dessein, plus discret et rare dans la grande presse israélienne qui continue pourtant à le « démoniser » –, le chef de l’opposition poursuit son chemin et sa montée en puissance vers les allées du pouvoir. Les prévisions de tous les sondages donnent en effet le Likoud largement en tête devant Kadima et ce qui restera du Parti travailliste au soir des élections législatives du 10 février prochain. Dans cette perspective, Benyamin Netanyahou fait pour Tribune Juive un tour d’horizon de ses principaux objectifs. Proposrecueillispar

Benyamin Netanyahou, lors de l‘interview, à Jérusalem.

Tribune Juive : Aujourd’hui, la situation stratégique mondiale et régio¬nale a changé : le Hezbollah est devenu plus fort, l’Iran va se doter d’armes nucléaires, la Syrie semble vouloir négocier une paix avec Israël, et puis surtout, il y a un nouveau président américain avec des positions très différentes de celles de son prédécesseur… Comment pensez-vous prendre en compte toutes ces données pour mener la politique étran¬gère d’Israël si vous devenez Premier Ministre en février prochain ? Tout d’abord, Israël doit faire le maximum pour amener la nouvelle administration américaine, qui entrera à la Maison-Blanche le 20 janvier, à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire afin d’éviter un conflit de ce genre dans la région. C’est là la pierre angulaire de la sécurité nationale d’Israël et des avancées de paix dans notre région et dans le monde tout entier. Parallèlement, Israël doit agir en vue de stopper l’influence désastreuse de l’Iran dans la région et de renforcer les modérés dans le monde arabe et au sein de l’Autorité palestinienne (AP). Or la politique adoptée depuis plusieurs années par les quatre derniers gouvernements israéliens a été exactement inverse ! En opérant une série de retraits territoriaux notamment celui de Gaza en aôut 2006 au sud du pays, qui fut précédé par celui du Sud-Liban en mai 2000 ou en s’engageant, comme le font Olmert et Livni, à poursuivre encore de tels retraits unilatéraux au lieu de faire avancer la paix et de renforcer les modérés, tout ce qu’Israël a obtenu, c’est davantage de bases terroristes aux mains des alliés directs de l’Iran au Nord avec le Hezbollah et au sud du pays avec le Hamas, d’où l’on nous a tiré des milliers de roquettes et d’obus ! Il faut donc arrêter cette politique des retraits sans contrepartie qui, dans le contexte actuel du Proche-Orient, ne fait que rapprocher le terrorisme et éloigner la paix.

Benyamin Netanyahou :

La troisième priorité pour nous, c’est de faire avancer la « paix économique » avec l’AP afin de renforcer les forces modérées qui existent dans la société palestinienne et de repousser sans compromis la grave menace des islamistes extrémistes. Tout ceci allant évidemment de pair avec la poursuite des négociations bilatérales avec l’AP. C’est sur ces trois axes que je compte agir. Mais si l’on continue avec la politique actuelle de Kadima, Israël se retrou¬vera avec une troisième base terroriste iranienne, cette fois en plein cœur de Jérusalem et à son pourtour, voire dans toute la Judée-Samarie… Par ailleurs, il est évident que si l’on ne fait rien, la situation empirera ! Voilà pourquoi, afin d’arriver aux meilleurs résultats possibles dans la période actuelle, il faut mener des négociations responsables avec l’AP pour aider à un développement économique planifié dans les secteurs modérés de la société palestinienne. Le tout, pour aboutir, avec l’aide active de l’Egypte et de la Jordanie au plan régional, à des accords valables pour les deux parties. C’est ce que j’ai expliqué au président Nicolas Sarkozy lors de notre récente rencontre du 18 décembre dernier.

TJ : Et avec les Syriens… ? Je ne crois pas que les Syriens aient jusque-là vraiment rompu leurs relations privilégiées avec l’Iran. Dans ce contexte, leur exigence que nous descendions des Hauteurs du Golan risque fort de mener à l’installation d’une base terroriste iranienne supplémentaire qui menacerait cette fois toute la Galilée et le nord du pays. Là encore, la politique du gouvernement Kadima a été erronée parce qu’elle a dila¬pidé, en entamant d’inutiles discussions indirectes avec les Syriens, les moyens de pression dont disposait la communauté internationale pour générer un changement dans l’attitude de Damas. Surtout après que la Syrie ait eu des démêlés avec les Etats-Unis à cause de l’Irak, avec la France à cause de sa politique de domination du Liban, avec l’Onu à cause de l’assassinat du Premier Minis¬tre Hariri, et aussi avec nous à cause de son soutien constant au Hezbollah. Or, au lieu de se servir de ces quatre points sensibles et de bénéficier d’un réel soutien international afin d’exiger que la Syrie stoppe le réarmement du Hezbollah effectué depuis son propre territoire et ferme les bases et le QG du Hamas intallés à Damas, ce qu’a fait le gouvernement Olmert en reprenant voilà un an des pourparlers indirects avec les Syriens, c’est aider à dérou¬ler devant eux un « tapis rouge » de reconnaissance à Paris et dans le reste du monde ! Et ce, sans rien obtenir en contrepartie… Car avec les Syriens tout comme avec les Palestiniens, il faut qu’Israël veille à appliquer le « principe de réciprocité » que je préconise depuis des années : si nos adversaires se montrent prêts à de réelles concessions en vue d’une paix véritable, nous en ferons aussi. Or il semble bien que nous n’en soyons pas encore là…

B. N. :

TJ : Certains disent que vous faites peur à la gauche israélienne et aussi à l’étranger en raison de vos positions souvent assez musclées et nationalistes ; alors, dans ce nouveau contexte international, allez-vous avoir la même politique intransigeante que dans les années 1990 à l’égard des Palestiniens ? Le programme de « paix économique » que j’ai proposé ne vient, bien sûr, pas en remplacement des négociations politiques bilatérales avec l’AP ! Bien au contraire, mon plan les complète et augmente les chances que les pourparlers diplomatiques aboutissent. Ce qui se passe actuellement, c’est que 99 % des efforts internationaux dans ce domaine se concentrent sur une formulation du seul statut final qui bute constamment sur deux écueils : Jérusalem et le droit au retour des réfugiés palestiniens. Or seulement 1 % de ces efforts concerne la nécessité pourtant impérieuse de changer quelque chose sur le terrain au plan de la vie quotidienne et du développement économique de la société palestinienne. En fait, même s’il peut aider à l’amélioration du bien-être de tout un chacun, le développement économique ne résout pas en soi les problèmes de fond : il les prédispose et les fait mûrir en vue de solutions plus réalistes. De plus, comme on l’a vu en Irlande du Nord et à Chypre, il renforce progressivement le partenariat et le dialogue avec la partie adverse car celle-ci a de quelque chose de plus tangible sur quois’appuyer.

B. N. :

TJ : A l’heure où le monde islamique continue de s’enflammer pour mener le « Djihad global », ne craignez-vous pas que ce programme graduel de paix économique soit insuffisant et carrément rejeté par les Palestiniens ? Ce que je propose consiste au contraire à construire la paix du bas vers le haut, et non du haut vers le bas. Je ne dis pas qu’il faut faire totalement l’inverse et investir 99 % des efforts dans la « paix économique », mais au moins rétablir un certain équilibre afin de mettre fin à cette regrettable asymétrie qui éloigne depuis trop longtemps les chances de parvenir à une paix réelle et durable. Dans le même temps, il faut poursuivre le processus initié à Annapolis, mais assorti d’un certain nombre de « lignes

B. N. :

23 août 2009

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