Alors que la ville n’en était qu’à ses balbutiements, les pères fondateurs avaient déjà à cœur d’instaurer une vie culturelle. Theodor Herzl rêvait d’une cité élégante, dotée d’opéras et de théâtres. Son vœu fut exaucé.
Pour les pionniers venus de Vienne, Varsovie, Budapest ou Moscou, qui avaient vécu dans la quintessence de la culture européenne, il était impératif de s’entourer d’une culture de même niveau.
À la seule différence que celle-ci s’affirmerait en hébreu. Le mot d’ordre est alors de bannir toute référence linguistique autre que la langue de la Bible remise au goût du jour par Eliezer Ben Yehuda. Les comédiens du Théâtre national Habima reçoivent la consigne de jouer sur scène en hébreu exclusivement, la presse publie en hébreu, les poètes déclament en hébreu, le cinéma parlant fait ses premiers pas en hébreu !Tel-Aviv se dote d’institutions qui encore aujourd’hui sont les vecteurs principaux de la culture dans le pays. Rendez-vous privilégié des premiers Tel-Aviviens, le cinéma Eden fut inauguré en août 1914 avec la projection des Derniers jours de Pompéi. Il donnait également des représentations musicales et théâtrales. Fermé en 1974, on peut admirer ses vestiges au début de la rue Lilienblum. Habima, le premier théâtre hébraïque, où sont jouées des pièces cultes comme Le Dibbouk ou Le Golem, deviendra le Théâtre national d’Israël en 1958.
L’Orchestre philharmonique de Palestine, créé en 1936, devenu l’Orchestre philharmonique d’Israël, a fait chavirer d’émotion tout le pays en jouant l’hymne national, la Hatikva, lors de la déclaration d’Indépendance, et inaugure une nouvelle ère des relations avec l’Allemagne en jouant à Berlin en1971. D’Arturo Toscanini à Zubin Mehta en passant par Léonard Bernstein, les maestros s’y succèdent et participent étroitement à sa renommée internationale. Les férus de musique classique peuvent se rendre aussi à l’Auditorium Mann dans l’enceinte de Heikhal Hatarbout, le Palais de la culture. Bâtiment futuriste et moderne à l’acoustique exceptionnelle, le nouvel Opéra est l’une des plus vieilles institutions de la ville. Il existait déjà en 1920 grâce à la ténacité et l’idéalisme du chef d’orchestre Mordehaï Golinkin. Ce dernier tient tête au aire de l’époque, Meir Dizengoff, et obtient gain de cause. C’est un succès, la ville accourt, toutes classes sociales confondues ! Il a longtemps été sur le site de l’actuel tour Opéra en bord de mer avant de déménager en 1994 à côté du musée d’Art, rue Shaul Hamelekh.La culture à Tel-Aviv n’est pas réservée à une caste. Si les places d’opéra, de théâtre sont chères, nombre de comités d’entreprise offrent à leurs salariés des réductions. La municipalité encourage aussi les représentations gratuites dans le parc Hayarkon. « Opéra dans le parc » est un événement annuel gratuit organisé par l’Opéra d’Israël, qui attire près de soixante-dix mille personnes ! Aux côtés des grands théâtres comme Habima, le Cameri ou le Guesher à Jaffa, il existe de nombreux petits théâtres très populaires comme le Tsavta qui accueille des standupists, de jeunes metteurs en scène. La ville ne manque pas non plus de clubs pour écouter des concerts de stars de passage ou de musiciens israéliens : le Zappa, le Kamelot, le Barby, le Chabloul. En février, le groupe de rock californien « No use for a name » est attendu au Barby. Les concerts historiques se produisent en général dans le parc Hayarkon. Le dernier en date, celui de l’ex-Beatles Paul Mc Cartney, a réuni le 25 septembre une foule de cinquante mille fans !

Suzanne Dellal, l’avant-gardede la danse moderne
La danse contemporaine israélienne a une scène, le Centre Suzanne Dellal pour la danse et le théâtre. Cette ancienne école entièrement transformée dans les années 1990 grâce à une donation de la famille Dellal, habitant Londres, est devenue une institution dédiée à la chorégraphie moderne. L’enceinte du bâtiment d’un blanc lumineux, splendide avec ses cours aérées, ses palmiers, ses sculptures, procure le sentiment d’avoir quitté la ville et de se trouver à l’étranger. Il peut être le point de départ idéal d’une promenade dans Nevé sedek après avoir pris un café au Suzanna, le bar plein de charme qui lui fait face. Le centre abrite les quartiers de la célébrissime Batsheva Dance Company qui, sous la houlette du chorégraphe surdoué Ohad Naharin, connaît une renommée internationale fulgurante. Des pièces de théâtre, des concerts, des spectacles de flamenco sont donnés aussi dans cet espace de rêve. Les vendredis après-midi et pendant les vacances scolaires, des représentations théâtrales et des spectacles de rue ont lieu pour les enfants.
Tel-Aviv sous toutes ses coutures !
Lorsque dans les années 1920 les élégantes de Tel-Aviv étaient en goguette, elles s’habillaient avec soin. On imagine parfois à tort que le « look kibboutz », short et sandalettes, était le bleu de travail de tous les Israéliens… Or, les rendez-vous au casino Galei-Aviv – l’unique de toute l’histoire d’Israël – avec son jardin d’hiver, au café Noga près du cinéma Moughrabi, chez le glacier Witmann au coin d’Allenby et de King George, étaient l’occasion de sortir apprêtés. Les Tel-Aviviens cultivent depuis toujours un goût certain pour la mode. Si la place Hamedina a toujours été le centre de la haute couture et des labels internationaux, les boutiques de créateurs de l’avenue Dizengoff ont changé la physionomie de cette artère qui, longtemps après avoir été « les Champs-Élysées » locales dans les années 1960 et 1970, a perdu de son faste. Joseph, Ronen Chen, Sigal Dekel, Hagit Tassa, Gershon Bram et les autres se succèdent dans la partie Nord de la rue qui compte aussi de nombreux stylistes de robes de mariées. Le centre Dizengoff abrite un espace de jeunes créateurs tous les vendredis. Le collège de mode Sheinkar à Ramat Gan est une pépinière de nouveaux talents. L’un d’eux qui officie à Paris chez Lanvin, n’est autre que le styliste de haute couture Alber Elbaz.De belles boutiques de prêt-à -porter ont vu le jour dans le quartier de Nevé Tsedek, rue Shabazi et depuis peu, en haut de la rue Frishmann, au croisement avec la place Rabin. Un autre espace dédié à la mode, Gan Hahashmal, s’est créé dernièrement dans le Sud de la ville, dans le secteur des rues Yehuda Halevy, Levontin et Harakevet. On y trouve une large sélection de créateurs de vêtements, bijoux, sacs et articles originaux. Il tend à devenir le nouveau pôle de la mode à Tel-Aviv. Une alternative à la rue Sheinkin, toujours autant prisée par les jeunes, où une Française, Elise Juliard, a ouvert une boutique très parisienne, au n 38, courue par les fashion-victimes de la ville. Enfin tous les stylistes vue se retrouvent deux fois par an au « City Designer Market », dans le parc des expositions, qui propose des prix au rabais.
J’aime Tel Aviv
La mode devient dans certaines rues, un domaine incontournable,
Paris et Milan ne seront bientôt plus les deux seules capitales de la mode dans le monde….