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Le journaliste Mohamed Sifaoui retrace la vie du chef d’Al-Qaida dans Ben Laden dévoilé, une bande-dessinée satirique à paraître le 11 septembre. Il brosse au passage le portrait de trente années de terrorisme islamiste.
Propos recueillis par Alexandra da Rocha

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Tribune juive : Dans Ben Laden dévoilé, vous racontez l’histoire de Ben Laden à travers un interrogatoire fictif. Comment expliquez-vous sa haine de l’Occident?
Mohamed Sifaoui : Il ne s’agit pas de la haine de l’Occident pour la haine de l’Occident. Ce qu’il faut comprendre surtout, c’est que l’idéologie salafiste dont se réclame Ben Laden rejette en bloc les valeurs de l’Occident. Il y a là une incompatibilité entre les deux. La première obsession des salafistes est d’instaurer partout dans le monde des républiques islamistes qui vivraient selon la charia. Or la charia est inconciliable avec la démocratie ; la démocratie reconnaît la souveraineté du peuple tandis que la charia ne reconnaît que la souveraineté de Dieu. Par ailleurs, elle ne fait pas de place à la laïcité qui repose sur la séparation du politique et du spirituel ; pour les salafistes, la religion et l’Etat ne font qu’un.
TJ : Quelles ont été les rencontres déterminantes pour Ben Laden ?
MS : Il y a eu notamment Ayman Al Zawahiri en 1985, quand il avait 28 ans.
Ce terroriste, chef du groupe de la Gamaa Islamiya, qui a participé à l’assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate, est devenu un des principaux idéologues d’Al-Qaida, dès sa fondation par Ben Laden en 1988. Al-Qaida, qui signifie « la base », s’est très vite structuré grâce au registre d’aspirants terroristes que tenait un autre homme clé, Abdallah Azzem. Il est mort dans un attentat à la voiture piégée en 1989.
TJ : Vous semblez dire que des terroristes algériens ont influencé Ben Laden dans sa préparation du 11 septembre, qu’en est-il vraiment ?
MS : Disons qu’ils se sont inspirés mutuellement. C’est vrai que les attentats perpétrés en France par les terroristes algériens au milieu des années 1990 et le détournement de l’Airbus le 26 décembre 1994 ont montré qu’il était possible de frapper fort dans un pays comme la France. Mais leur plan était de faire exploser l’appareil dans un lieu symbolique à Paris. Cette idée a été reprise lors de l’élaboration de la stratégie mise en place par Ben Laden et ses hommes pour le 11 septembre. A l’inverse, les réseaux terroristes algériens ont fait allégeance à Ben Laden au début des années 2000.

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TJ : Comment expliquez-vous que le FBI comme les services secrets britanniques et français savaient, bien avant le 11 septembre 2001, qu’Al-Qaida préparait une attaque sans que celle-ci ait pu être évitée ?
MS : Ce sont surtout les hommes politiques qui ont refusé de prendre au sérieux les informations que faisaient remonter les services secrets. Je me souviens d’avoir discuté avec l’un d’eux en 1998/99, qui me soutenait que j’étais parano, que le terrorisme islamique était un « épiphénomène ». Ils ont eu tendance à minimiser la capacité de nuisance des islamistes à cause d’une certaine forme de suffisance : l’Occident qui avait réussi à mettre à genoux les Soviétiques était intouchable.
TJ : Pourtant, en 1993, le premier attentat contre le World Trade Center était signé Al-Qaida ?

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MS : Oui, mais il s’agissait d’un attentat de moindre envergure qui n’a pas suffi à accroître la vigilance des pouvoirs publics. Cet attentat a été compris comme le fait de quelques illuminés. A partir de 1998, la multiplication des attentats en Afrique a commencé à inquiéter les pouvoirs publics, mais le temps que la prise de conscience devienne réelle, il a fallu du temps, trop de temps.
TJ : Sur une échelle de 1 à 5, à quel niveau placeriez-vous la menace islamiste en France ?
MS : À 4 et encore parce que je n’ose pas vous répondre 5. Aujourd’hui, chaque pays est menacé par certains de ses propres ressortissants qui se reconnaissent dans le discours djihadiste. Mais je voudrais attirer l’attention sur un point : on parle beaucoup de terrorisme et nettement moins de l’idéologie islamiste. Or elle ronge les esprits vulnérables dans le monde. C’est une cinquième colonne qui sape la notion du vivre ensemble.
TJ : Dans votre bande-dessinée, vous caricaturez Ben Laden, ne redoutez-vous pas des représailles ?
MS : Non ; j’ai appris une chose : le terrorisme vous menace même si vous ne le critiquez pas. On essaie régulièrement de m’intimider, alors une fois de plus, ça ne changera pas grand-chose. Il est clair que dans cet album, il y a une volonté délibérée de désacraliser le personnage Ben Laden qui se revendique comme une figure charismatique. En réalité, c’est un vulgaire terroriste et un vrai lâche. Il endoctrine des gamins afin qu’ils aillent se faire exploser lors d’un attentat en leur promettant le paradis empli de filles vierges ! C’est d’une bêtise sans nom. En tout cas, il n’y envoie pas ses propres enfants, pas plus qu’il ne prend le risque de s’y retrouver lui-même.

extrait de la B.D.
Ben Laden dévoilé, Mohamed Sifaoui et Philippe Bercovici, 12bis Editions, 15 euros.
Mohamed Sifaoui, antithèse de Yazid Sabeg
Simple d’esprit ou simplement de mauvaise foi ?
Au sujet de question « doit on légiférer sur la Burqa? », Yazid Sabeg utilise la méthode largement éprouvée qui consiste (au nom de la paix sociale et de l’antiracisme) à répandre une idéologie qui, ELLE, ne supporte ni la différence ni le compromis! Au mieux il s’agit de faiblesse intellectuelle, au pire, d’une mauvaise foi suspecte. Ce monsieur prétend vouloir prévenir le racisme mais il ne fait au contraire que l’attiser! Nous attendons des Français musulmans qu’ils dénoncent haut et fort les écueils de l’islamisme, qu’ils se désolidarisent clairement de leurs coreligionnaire jusque boutistes, ce que fait Mohamed Sifaoui, l’exceptionnel et courageux qui confirme la règle majoritaire du silence convenu. Ne pas le faire alimente une impression de connivence et renforce le postulat suivant : communauté musulmane égal extrémistes musulmans. Voilà où le racisme prend sa source et comment il se propage! A l’inverse, la vérité, l’honnêteté intellectuelle, le bon sens sont les meilleurs remparts contre les extrémismes de tous bords. Le risque, à force de prendre le peuple pour un animal crédule et crétin c’est de le voir se révolter et se muer en bête féroce..espérons juste qu’il ne soit pas trop tard. Espérons que des personnalités supposées responsables tel Yazid Sabeg prennent conscience de leurs erreurs et qu’ils les reconnaissent enfin.