Je m'abonne en ligne Je commande des anciens numéros Tribune Juive en ligne

Décalage : «Vivons heureux, vivons Casher !

Mis en ligne par le 27 octobre, 2009 dans la rubrique Actualités. Vous pouvez suivre les reponses par RSS 2.0. Vous pouvez laisser une reponse.

Pour un Grenelle de la casheroute


Pour cette nouvelle année, je me joins à l’élan collectif pour souhaiter aux lecteurs de Tribune Juive tous mes vœux de bonheur dans un pays où il sera peut être un jour possible de manger casher sans se ruiner.

Publié dans le N°52 (oct. 2009) Par Frank Tapiro, président d’Hémisphère droit

Frank Tapiro

Frank Tapiro

Je tiens à remercier ceux d’entre vous – et ils furent nombreux – qui ont bien voulu répondre par mail à ma tribune du mois dernier, où je proposais de concevoir une grande campagne de communication pour promouvoir les produits casher.
Ces messages de soutien et d’encouragement m’ont aussi révélé une situation critique de certains membres de notre communauté qui se retrouvent parfois obligés de faire des kilomètres pour trouver une enseigne de  distribution proposant les bons produits.  D’autres ont décidé de faire l’impasse dessus, sachant qu’ils ne pourront les acquérir qu’en se saignant aux quatre veines.

Revenir à la raison

Il est temps de mettre fin à cette situation qui éloigne nos coreligionnaires de cette alimentation conforme à leur croyance et à leur style de vie. Il faudra tout d’abord commencer par arrêter l’hypocrisie générale sur ce sujet, prétexte à une guerre de pouvoir, menée par ceux qui prétendent détenir une vérité partagée par eux seuls, laissant de côté ceux qui veulent tout simplement « vivre heureux en vivant casher ».
Pour nous aider à retrouver l’unité et la raison, je propose d’organiser un « Grenelle de la Casheroute » qui tiendrait compte de toutes les opinions, de tous les courants, de toutes les associations, de toutes les tendances, et aboutirait à des réponses et des solutions claires.
Ce Grenelle traiterait des différents aspects de la filière casher. Tout d’abord, l’aspect essentiel de la production. Celle-ci doit intégrer un contrôle qui satisfasse le plus grand nombre d’entre nous, tout en permettant de faire baisser les prix. Peut-on encore accepter que les produits casher soient plus chers à une époque de crise majeure qui n’épargne personne ? Peut-on encore tolérer que les familles les plus démunies de notre communauté se trouvent exclues ou interdites de Casheroute, reléguée au rang des produits de luxe ? Il faudrait aussi élargir la gamme de produits pour offrir plus de choix et satisfaire les goûts de chacun.
Ensuite, il faudrait traiter le problème de la distribution, pour permettre à tous les Juifs de France vivant en milieu urbain ou rural d’obtenir des produits casher à proximité de leur lieu de résidence. N’oublions pas que certaines enseignes subissent une forte pression pour ne pas distribuer les produits casher ou ceux « made in Israel », souvent appelés à être boycottés.
La concentration communautaire n’est pas assez forte sur tout le territoire pour imaginer une chaîne de distribution spécialisée qui couvre l’Hexagone. La discussion doit donc s’élargir aux grandes enseignes nationales qui distribuent déjà des gammes casher et halal pour qu’elles intensifient leurs efforts et à celles qui ne le font pas encore pour qu’elles franchissent le pas.

Médiatiser

Nous pourrons enfin nous pencher sur la communication, pour toucher un public plus large, sur d’autres médias que les supports communautaires qui, bien qu’efficaces, ne sont pas assez puissants pour marquer un tournant et créer l’événement. Oui, on peut rêver de spots sur les grandes chaînes nationales finissant par le slogan « vivons heureux vivons casher », qui, je l’espère, feront venir en masse les consommateurs vers des produits casher moins chers et plus variés. Au fait, j’ai oublié de vous préciser que je ne mangeais pas (encore) casher. On n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle !

Frank.tapiro@hemispheredroit.com.

27 octobre 2009

Laissez une réponse




(*) Champs obligatoire